S'exprimer en toute égalité : nouveaux usages, vielle langue

12 décembre 2018 Conférence

Venez assister à la conférence d'Eliane Viennot sur l'égalité du langage au domaine de George Sand

 

En partenariat avec l'association HF Centre-Val de Loire.

Tous les pays qui ont fait le choix d’aller vers l’égalité des sexes conduisent des réflexions sur la manière dont le langage formate notre manière d’envisager notre environnement et participe de la reproduction des inégalités entre les femmes et les hommes. Nombreux sont ceux qui se sont dotés de politiques linguistiques destinées à inverser cette tendance. La France en fait partie, comme en témoignent différentes circulaires de Premiers Ministres (1986, 1998, 2013, 2017). Ces invitations, le plus souvent limitées au vocabulaire des fonctions prestigieuses, ont longtemps été négligées par les administrations et contestées par l’Académie française – qui n’abrite pourtant aucun-e linguiste. Cependant les choses changent. Les noms féminins de hautes fonctions sont de plus en plus courants, la réflexion s’est élargie à la grammaire, et une large prise de conscience s’est développée sur la nécessité de prendre ce chantier à bras le corps. L’Académie elle-même s’est engagée à revoir ses positions. D’ores et déjà, de nombreuses collectivités, universités, administrations, entreprises, communautés… ont décidé d’adopter le langage égalitaire – dont l’écriture n’est qu’une déclinaison.

Éliane Viennot est enseignante-chercheuse émérite à l’Université Jean Monnet (Saint-Etienne) et membre honoraire de l’Institut universitaire de France. Spécialiste des femmes d’État de la Renaissance, elle travaille depuis vingt ans sur l’exception française en matière d’histoire politique (La France, les femmes et le pouvoir, 3 vol. parus) et d’histoire de la langue (Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin!, 2014; L’Académie contre la langue française, 2016; Le langage inclusif: pourquoi, comment, 2018).

Depuis une quarantaine d’années, les pays francophones ont engagé une réflexion sur leur langue, afin d’accompagner la marche vers l’égalité des sexes dont ils se disent partie prenante. Ce travail a débouché ici et là sur des guides, des circulaires, des lois, de nouveaux usages… et quelques polémiques hautes en couleur, surtout en France. Qu’est-ce qui, dans le fonctionnement du français, motive ce mouvement? Qu’est-ce qui explique la vigueur des controverses qu’il a parfois suscitées? Dans quels domaines de la langue (vocabulaire, grammaire…) peut-on agir ? Que préconiser ? Le propos montrera que la langue française a moins besoin d’être « féminisée » que « démasculinisée », puisqu’elle l’a été délibérément depuis le XVIIe siècle, en dépit des protestations de ses usager-es. Il s’attachera à montrer que, loin d’être complexe au point de devoir être laissée à des spécialistes, la langue est un bien commun sur lequel chacun-e peut aujourd’hui réfléchir et agir d’un point de vue citoyen. 

INFORMATIONS PRATIQUES :

Mercredi 12 décembre à 20h30

Gratuit

Réservation au 02 54 31 06 04